Un trimestre vous avez envie de tout, le suivant vous ne supportez plus qu'on vous frôle. La libido pendant la grossesse est l'une des expériences les plus déroutantes de cette période, parce qu'elle change sans prévenir et sans logique apparente. Ni bonne ni mauvaise, juste différente. Et largement sous-discutée.
Un désir qui fluctue au rythme des hormones
Le premier trimestre est souvent celui du recul. Les nausées, la fatigue, la poitrine hypersensible transforment le corps en zone à ne pas toucher. Ce n'est pas un désintérêt pour le partenaire, c'est une réponse physiologique à une montée brutale de progestérone et d'hCG, les hormones qui signalent au corps qu'une grossesse est en cours [1]. Le système nerveux est mobilisé ailleurs.
Le deuxième trimestre surprend souvent. Le ventre commence à se voir, les nausées s'atténuent, et pour beaucoup de femmes, le désir revient, parfois plus fort qu'avant. La vascularisation augmente dans tout le bassin, ce qui intensifie les sensations [2]. Certaines vivent des orgasmes plus faciles. D'autres restent indifférentes. Les deux sont normaux.
Le troisième trimestre repose d'autres questions : comment ? Avec un ventre qui prend toute la place, la logistique change. Et l'inconfort physique, les contractions de Braxton Hicks, le dos, la fatigue de fin de grossesse remettent souvent le désir en veille. Sans que ce soit définitif.
Ce que personne ne dit sur le rapport au corps
La libido ne se résume pas à l'envie d'un rapport sexuel. Elle inclut le rapport au corps, au toucher, à l'intimité en général. Et pendant la grossesse, ce rapport est bousculé en profondeur. Le corps change vite, de façon visible, et pas toujours de façon dont on s'était imaginé le vivre. Certaines femmes se sentent plus incarnées, plus sensuelles. D'autres traversent une vraie période de dissociation avec leur propre image.
La question des transformations physiques de la grossesse touche aussi à la peau, aux vergetures, à l'élasticité des tissus. Se sentir bien dans son corps reste une composante du désir. Le Collagène de La fabrique des mamans, formulé avec du Co-enzyme Q10 et de la vitamine C, peut soutenir l'élasticité cutanée au moment où la peau est mise à rude épreuve par la croissance du ventre. Pas une promesse de désir retrouvé, mais une façon de prendre soin d'un corps qui travaille énormément.
En parler, c'est déjà une forme d'intimité
Le silence autour de la sexualité en grossesse crée des malentendus. Le partenaire peut interpréter un recul du désir comme un rejet personnel. La femme enceinte peut culpabiliser de ne pas avoir envie, ou au contraire de vouloir davantage. Mettre des mots là-dessus, même maladroitement, change quelque chose.
Les relations sexuelles pendant une grossesse normale et sans contre-indication médicale ne présentent pas de risque pour le bébé [1]. Le col de l'utérus et le liquide amniotique constituent une barrière protectrice. Si un doute persiste, la question mérite d'être posée directement à la sage-femme ou au gynécologue, sans détour.
Et si le désir physique est absent pendant plusieurs semaines, l'intimité peut prendre d'autres formes : le toucher, les massages, la proximité sans attente de résultat. La grossesse réinvente parfois le couple avant même que l'enfant n'arrive. C'est une information utile à avoir, pas une injonction à ressentir quoi que ce soit.
Références
[1] Yeniel AO, Petri E., "Pregnancy, parturition and pelvic floor dysfunction", European Journal of Obstetrics & Gynecology and Reproductive Biology, 2014.
[2] Gökyildiz S, Beji NK., "The effects of pregnancy on sexual life", Journal of Sex & Marital Therapy, 2005.

